|
«Silence
de l’apnée, aubade à la rencontre. Dans un au delà
de l’inspiration, en un lieu ou le rien et le tout se fécondent.
L’ouverture à la lumière ne se déclenche-t-elle
pas dans une apnée, l’instant parfait où s’ouvre
le diaphragme, où l’image imprévue se forme ?
Alors se présente cette pensée de Romain Gary : «Le pire
qui puisse arriver à la question, c’est la réponse...
» Comme si nous devions nous résoudre enfin à ce qu’elles
ne soient ni l’une, ni l’autre. Quel sens y aurait-il à
la quête si elle se nourrissait d’un désir, si recherchant
l’effet, elle en oubliait la cause, mais à quelle peur d’abandon
de soi conduit-elle pour disparaître à l’instant même
ou elle se révèle ? Là peut-être est l’achoppement,
car si la nature aspire à la lumière, il y a profondément
enraciné dans l’homme, une
résistance à tout ce qui lui permettrait d’en savoir plus
sur lui même. |
|
|
|
|
|
|
|
C’est
dans l’espace ouvert par cette anxieuse tension que s’épanouissent
les philosophes et les artistes. L’œuvre en puissance d’Yves
Bresson nous invite chacun avec lui, à une promesse de naissance. Dans
son flux elle raconte l’histoire de la genèse à l’envers,
celle qui de l’apocalypse s’en va vers le fiat lux.
Ce n’est pas la proposition communément admise, mais en fin de
compte qu’est ce qu’une photo ? une image. L’image qui permet
à une chose d’être ici tout en restant là bas...
S’il est un art qui montre à l’homme le chemin de la connaissance
tant il force l’artiste à l’humilité, n’est
ce pas la photo qui exige de lui virginité et laisser-faire instantané,
prélude à l’indicible manifestation de la lumière.
Voila
qui pourrait expliquer sa place ambiguë dans l’univers de l¹art,
une place où elle est souvent figée dans le rôle du voir,
pour
raconter, témoigner... mais quand elle se glisse dans la silencieuse
parenthèse du souffle amoureux la lumière cesse d’écrire
sous la dictée de l’oeil. |
|
Alors la lumière peint instantanément : photoplastie ?
Sommes-nous prêts à lui laisser sa place d’artiste
première et primordiale , à la laisser vivre plutôt
que la capter ?
L’appareil
de photo devient canal, l’os creux des amérindiens, proche
du chamanisme.
Le
travail d’Yves Bresson suit son cours, il fut d¹abord profane,
devint bientôt mystique, il sera probablement gnostique, s¹il
ne l’est déjà.
|
|
 |
|