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"Nous
sommes tous dans le ruisseau, seuls quelques uns regardent les étoiles"
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Oscar
Wilde |
| ...AINSI
CELA COMMENÇA : |
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Une petite vallée, près de Chambon Feugerolles ... C'est un
endroit très intimiste dans lequel je me sens bien, où je trouve
un écho et une résonance à mes interrogations. Au début,
j'allais d'un point à un autre du bois en m'imposant une marche "initiatique";
puis un jour, je me suis assis à un endroit précis, ni plus
haut, ni plus bas. Au tout début j'y passait des heures, des journées
entières du matin jusqu'au soir à attendre, vivant là
un rêve éveillé cherchant à visualiser un monde
intérieur, une projection de soi, depuis les confins de la mémoire. |
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Au
bord d'un ruisseau, sur lui je me penche, il m'aide à lui donner une
forme, une sorte d'existence...
Je m'entoure de respect et d'humilité dans l'humus au fur et à
mesure de ma progression vers cet endroit, pour arriver à l'instant
précis de la rencontre et l'observer à chaque fois d'une manière
différente, j'y vais régulièrement aujourd'hui depuis
10 ans, en toutes saisons, à différentes heures et je connais
maintenant précisément, au passage du soleil, l'éclairage
et la luminosité particulière à toutes les parties éclairées.
L'effet de disparition-apparition est incommensurable. La raison veille à
l'entrée de la spirale magique, la raison de l'artiste éveille
la poésie du regard, le mien et puis celui de ceux qui lors des expos
ou dans mon labo découvrent mes photos". |
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Forme-reflet
- La photographie selon Yves Bresson
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Ce
ruisseau est un lieu visité par yves Bresson depuis 1986. Il l’a
parcouru, photographié au cours de ses marches (photographies de
ses stations, prélèvement sur le site présentés
en 1988, en Ecosse) avant de se focaliser sur un point. Cette concentration,
sur un reflet dans l’eau, une forme-reflet, n’est ni simple
ni immédiate...
... La
forme-reflet naît d’une heureuse rencontre entre le rai de lumière,
le filet d’eau et la blancheur de la roche. Le phénomène
est le fruit du complexe qui lie les éléments primordiaux
: le liquide, le minéral et la lumière, mais aussi la texture
végétale et la position du corps, de l’œil qui
photographie.
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Le
surgissement et l’inscription de cette figure-reflet supposent une longue
patience du photographe, une patience qui est celle du guetteur de signes,
du pêcheur de reflets et d’ombres...
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Ainsi, ce qui s’inscrit et se révèle sur la pellicule
interroge le photographique lui-même : l’impression de la lumière
qui est transparence et reflet et la trace, l’écriture de celle-ci
donnée à notre œil dans le flou et la précision,
la clarté et l’énigme. Sans avoir besoin de discours,
sans l’exposition de complexes dispositifs et mises en abyme, la photographie
d’Yves Bresson questionne de façon aiguë l’acte photographique.
Sans utiliser de trucages, de manipulations, telles que retouche au tirage,
ou numérisation, transformation, l’emprunte lumineuse pose la
question du réel et de son image, de l’éclat et de sa
trace.
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...
Cette forme informe, cette figure fantasmatique ouvre les abymes de la fantasmagorie.
D'autant que dans d'autres travaux photographiques d'Yves Bresson insiste
une forme-tache, ainsi dans telle photographie de corps de mineur noirci et
en sueur, de moulage de tête du photographe lui-même. Figure-tête
enfouie dans les hauts herbages d'Ecosse, entre des fragments de nature où
le treillis des branchages, des ombres et des lumières (photographies
de 1986) annoncent les jeux de lumière et de reflet sur la cavité
d'eau du ruisseau. De façon récurrente, une figure revient,
insiste, se révèle dans l'étrange moulage de tête,
le tressage des branches et rayons de lumière, les diaprures de la
surface d'eau. La recherche de cette figure aimante le travail d'Yves Bresson,
y compris son rapport à la nature. Mais cette quête est affectée
par un principe d'incertitude. |
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Obstination
de la recherche, rigueur du travail photographique et, cependant, caractère
énigmatique, évanescent de l'objet trouvé.
Cette photographie vise la nature et ses voiles, ses formes et leurs reflets.
En même temps ce dialogue avec la nature est aussi introspection.
« Les constants allers et retours entre une introspection de soi et
tous les éléments de la nature provoquent à divers instants
précis une association, puis une fusion de l'Etre avec son élément
naturel, la Nature », note Yves Bresson en juin 2000.
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Jean-Pierre MOUREY - Extraits exposition Istanbul 2003
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Vers
l'accueil |
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